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La CASAMAURES est un Monument Historique de style mauresque en ciment moulé

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MAURICE FALCOZ BADET
mardi 11 octobre 2011 RV à 15h, à Jean le Vieux devant l'église pour voir la croix renovée
et poser une plaque des ass. patrimoine et développement, les vieux dauphinois...

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Né le 10. 3.1943 à La Tronche + mardi 12.10.2010 Saint-Martin-d’Hères

 Orangerie de la Casamaures Samedi 6 Novembre, 16h

 A la revoyure notre brave chevalier Maurice

 Il a gardé les yeux ouverts vers le ciel, les bras grands ouverts en croix allongé au travers de son lit, seul. Avec sa dignité coutumière, dans quelles rêveries a-t’il plongé pour son dernier voyage ?

« Il a vraisemblablement passé sa dernière journée mardi » m’a dit compatissante la toubib d’SOS médecin. Son ultime journée fut ensoleillée et riante à la Casamaures.
Mais trois jours de silence m’ont alertés, d’absence de réponse de sa voix grave au téléphone qui disait invariablement :  « Allo Criss,  c’est Môrice, il est bien fatigué ton vieux trésorier ».

Maurice est pour moi le portrait de l’honnête homme, un gentilhomme ami, à la fidélité sans faille. Cet inestimable trésorier d’association depuis 25 ans a été l’un des compagnon bienveillant de l’aventure d’une sauvegarde d’un patrimoine où il aimait venir partager les voyages imaginaires en Orient.  Comme beaucoup de dauphinois depuis 150 ans, il rêvait d’être « un Pacha ou son calife dans un palais de mouquères » en me racontant ses expéditions lointaines. La dernière fois, il a amené des cartes postales de Bakou dont les minarets ont des similitudes avec les palais oniriques  des décors peints dans les salons. Il a parlé de la guerre de Crimée, puis d'Algérie en 1830. Sur les mystères de l’origine des décors, il a questionné Laure la restauratrice qui est actuellement en train de sauver in extremis des peintures murales. Istanbul, la Corne d’or, les mille et une nuits le faisaient rêver comme les danses de Mélisdjane. Devant le Bosphore où émerge la Tour de Léandre elle raconte que la légende confirme les augures « un serpent dans une corbeille de fruits exotiques piqua mortellement le jour de ses 18 printemps la belle fille du Sultan ». Le romanesque Maurice croyait au destin. Il aimait les contes, son papillon bleu d’azur et les oiseaux du paradis.

 Ce connaisseur appréciait la fabuloserie de l’Opéra depuis son séjour de comptable à Paris. Mardi dernier, il me parlait de Verdi en jouant avec son harmonica d’enfant l’air des célèbres trompettes car Maurice expliquait à Benjamin l’étudiant en aménagement paysager, qu’il voulait baptiser notre tonnelle de passiflores « La rampe d’Aïda ». (On a regardé un croquis naïf datant de 1998). Quant au jardin en terrasse ouest, c’était évident que c’est le « Jardin de Sémiramis » inspiré par les jardins suspendus de Babylone.

Les plans du cadastre, la vue par satellite du terrain de la Guinguette le fascinait sur la grande table de bois de notre cuisine où il avait son cahier de comptable, sa trousse et son boîte à trésor chiffré. Sa patience m’a toujours étonné pour son pointage des petits chèques d’une trésorerie fait de clopinettes alors qu’il avait été le grand comptable des mégas chèques pour supertanker du pétrole de Total. Il a toujours suivi l’effervescence des projets des abeilles de la ruche qu’il partageait avec enthousiasme comme sa culture. Ce pilier si discret était l’un des 13 administrateurs avisés, de bons conseils et bon sens pratique. Depuis juillet, il tempêtait avec fougue contre les « Barbares » qui laissent des campements à la vue de tous. Il a regardé la construction d’un bidonville de bâches contre les fortifications de la Porte de Grenoble qui veut y construire une nouvelle route! A voix basse, il grommelait au scandale mais l’inertie des élus l’effrayait encore plus dans cette période de violences. Ce lettré m’apportait les définitions du dictionnaire : Le terme « vandalisme », employé pour la première fois en 1793 désigne alors la destruction de monuments à valeur artistique ou historique méritant d'appartenir au patrimoine national.
Comme Victor Hugo, Il parlait vrai "le patrimoine appartient à tous ceux qui aiment le regarder". Ce digne chevalier était un militant culturel pour beaucoup d’associations.

Dans sa cuisine où les pompiers de Saint-Martin-d’hères m’ont fait asseoir, j’ai passé la soirée de veille en revoyant tous les détails de sa petite vie ordonnée où tout est impeccablement rangé. Une vie organisée de 67 années de célibat. Ses sandales attendent près de la porte. Sur la table des clefs et une liste de commission avec le mot CASA 10H. Prés du téléphone, une courte liste de numéros d’urgence: Toubibs, kiné, la Casa… un orphelin sans famille. J’ai attendu le constat de la Police de Grenoble, choquée par sa fin toute en dignité comme une calme mise en scène.

Que de tristesse pour un homme brusquement parti en pleins projets. Mardi il voulait créer une Fondation « Les jardins de la Création ». Cela va être pire la semaine prochaine lorsqu’il ne viendra plus partager notre repas du midi où ce personnage nous faisait rire de surprise avec toujours une idée. Par exemple en tant que collectionneur de timbres, sa marotte était de faire éditer un timbre avec photo du monument. Chaque année sous sa dictée, j’ai du écrire au Ministère des Postes car il était sûr que si La Sallette avait son timbre, lui déclancherait son timbre de La Casamaures…

Nous parlions souvent d’Irvoy qui a vraisemblablement sculpté les garde-corps et les statues près des bassins aujourd’hui disparues,reste la photo d’archive du «  brigand calabrais » : cousin de la sentinelle gauloise. Un jour Maurice est venu avec le projet de sauver le fronton de l’ancien hôpital civil de Grenoble, un bas-relief nommé la « Charité retrouvée », (Irvoy, statuaire de 1865 ) et j’ai dû écrire. Grâce à sa force de conviction, il a gagné à sa cause la Conservation du Patrimoine. Désormais la Charité retrouvée siège dignement à l’hôpital où il est né. Pareil pour les courriers demandant le respect de la tombe oubliée du docteur Minder à Vizille (deuxième propriétaire de la villa mauresque) ou celle de Cochard à Saint Roch où repose ses deux premières épouses.

Actuellement nous étions dans la période du « Dauphin de bronze du pont d’Eiffel sur l’Isère ». J’ai déniché un dauphin qui dort oublié contre un pilier chez un brocanteur. A chacune de ses dernières visites, il me redemandait d’aller l’acheter car il projetait de le mettre dans la niche de la fontaine de l’Orangerie.

Maurice est un vrai dauphinois de famille et d’idées rigoureuses. Au fil des ans, il m’a appris la persévérance. Notre accord tacite était de tenir dignement dans l’adversité se serrer les coudes, une solidarité d'handicapés. Toujours se garder des estimes mutuelles car mon héroïne est Phillis de la Charce et lui Jeanne d’Arc, sa bergère, ainsi on pouvait toujours se mettre d’accord sur les sujets communs de l’art et l’histoire du monde.

Pauvre Maurice stigmatisé par une enfance d’écoles religieuses, cet enfant de chœur  connaissait la liturgie des heures, les noms de toutes les messes, les chants latins et la saga des saints qui se révéla finalement très utile dans notre période de lutte désespérée pour sauver le Tilleul de Sully de 4 siècles de Saint-Martin-le-Vinoux. Les pèlerinages n’avaient pas de secret et pourtant il a été le grand trésorier des amitiés franco-russes dans sa commune communiste de Saint-Martin-d’Hères. Une de ses contradictions que je n’ai jamais comprise comme sa constance à nous soutenir moralement alors que le monde de l’art contemporain le stupéfiait « ce n’est pas du joli travail ». L’aura du patrimoine, des cultures antiques et la musique classique dévoilait sa sensibilité à la beauté…

Il a été un compagnon d’utopies pendant 25 ans.
Il a été le fondateur de la « Confrérie de l’Or gris » comme cela il a pu être mécène de six  moulures en devenant un « chevalier de l’acrotère ». Mardi il m'a dit qu’à « chaque fois qu’il arrive de loin à la Casa, il regarde ses six cœurs de ciment, numérotés à partir de l’angle Est. Les cent moulures que j’ai fait reconstituer à l’identique grâce aux photos d’archives, se détachent sur le ciel, un plaisir pour cet homme  respectueux du sacré. Un tout petit bout du monument bleu outremer lui appartiendra toujours comme une baie vitrée de l’Orangerie : siège de sa chère association. C’était un mécène discret inspiré par la renaissance des lieux, lucide sur la masse de travail au quotidien en 30 ans de chantiers. Maurice est l’un des grands cœurs de La Cas’amore. Et le sien a stoppé, il y a trois jours…

Ce vieux garçon est un homme du terroir comme son ancestral châtaignier de Saint-Jean-le-Vieux qui n’a toujours pas reçu le label « Arbre remarquable de France » (comme notre Magnolia grandiflora), un regret pour sa ferme familiale. Sa maisonnette s'appelait "la lutine" . Il veut être enterré au cimetière à coté de sa mère Alice.

Il aurait peut-être été rassuré de savoir qu’une personne le veille dans cette nuit du vendredi en écrivant ces bribes de vécu d’un illustre inconnu pour ses voisins de palier, d’immeuble, de quartier. Indifférents, ils n’ont pas su me répondre ce vendredi: quand est-ce qu’ils avaient croisés pour la dernière fois ce vieux monsieur timide dont la tête était si lourde ces derniers temps ?

A l'homme éclectique qui veut ni messe, ni couronne : Shalom, Arrivederci, Salam

Un noblesse de cœur : en souriant je l’appelais le chevalier Maurice du chataîgner de Saint Jean  et lui   Criss  du Magnolia de La Casamaures

minuit vendredi 15 octobre 2010

PS :  Promis-juré citoyen Maurice, si notre actuel challenge réussit à sauver Tes jardins d’Orient, ton histoire sera éternellement enracinée à celle du palais mauresque. Ce mardi tu les imaginais en mars prochain pour ton anniversaire et celui de 25 ans de classement Monument Historique de La Casamaures.
Nous les baptiserons « Le jardin de Maurice de Sémiramis » en clonant tes chataignes
et nous inviterons de tout cœur quelques vieilles connaissances des associations que tu as pu si humblement côtoyer et aider par solidarité ou patriotisme ?

Maurice aux trois roses, merci d’avoir transmis ton respect sur la place essentielle de l’art

dans notre société d’Allobroges. 

 Notes pour l’homme qui aimait le choix de la devise du cadran solaire :

ARS LONGA, VITA BREVIS

Victor Hugo "Toute la lyre"

Un vieux disque de grès gisant me sert d'horloge.

                                    La minute qui passe en ses cases se loge;

                                    Avril y met ses fleurs de pourpre et de safran.

                                    Autour de cette pierre obscure, le temps sombre

                                    Marche et tourne, pensif, lié par un fil d'ombre

                                    Au clou du noir cadran.

Hugo Victor 1802-1885 qui fut un précurseur de la défense des sites et des monuments. Sous le titre "Guerre aux démolisseurs", il écrivit en 1830:

" Quels que soient les droits de la propriété, la destruction d’un édifice historique et monumental ne doit pas être permise à ces ignobles spéculateurs que leur intérêt aveugle sur leur honneur, misérables hommes et si imbéciles qu’ils ne comprennent même pas qu’ils sont des barbares !

Il y a deux choses dans un édifice, son usage et sa beauté! Son usage appartient au propriétaire et sa beauté appartient à tout le monde, c'est donc dépasser son droit que de le détruire".

Témoignages

« Comment imaginer que son dernier mardi à la Casamaures était un adieu? Geneviève

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« Bien triste nouvelle, espérons que son envol se soit fait dans la douceur. Quel monsieur! discret, dévoué et si cultivé ». Mona

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« Le principal est peut-être qu'il ait pu rester actif et lucide jusqu'au bout. Il a rejoint la lumière comme on aime à le penser... et il nous a laissé l'ombre pour aujourd'hui, mais demain sera un autre jour ». Monique F

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»C'était vraiment un gentilhomme, à tous les sens du terme. Bon voyage Maurice sur ton Bosphore préféré, donne le bonjour aux oiseaux de paradis ». Marc Perroud, ass. les Conreforts

Professeur Bornecque
la disparition inatendue de Maurice m'a beaucoup ému. J'avais pu apprécier ses qualités de travail, d'imagination, de serviabilité dans l'action commune que nous avons mené pour la sauvegarde du vieux Grenoble pendant le quart de siècle où j'ai été président.


Associations patrimoniales:
Patrimoine et développement du grand Grenoble
Les Dauphinois de Grenoble
 


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le webmestre , 17 Mars 2007
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